Quand le regard devient une commande : une nouvelle étape pour la mobilité en fauteuil roulant

Piloter un fauteuil roulant électrique uniquement avec les yeux pourrait sembler relever de la science-fiction. Cette possibilité devient pourtant une réalité avec le développement de systèmes capables d’interpréter la direction du regard et de la transformer en commande de déplacement.

Handinova présente aujourd’hui une solution développée par Meyra UK à destination des personnes qui ne peuvent pas utiliser un joystick classique, une commande au menton ou un dispositif tactile.

Une caméra infrarouge suit les mouvements des yeux. Un logiciel les analyse, puis les traduit en instructions de conduite. Le dispositif doit être calibré pour chaque utilisateur et différents paramètres peuvent être ajustés, notamment la vitesse et les sécurités destinées à limiter les déplacements involontaires.

Une innovation pour les handicaps moteurs les plus sévères

Cette technologie pourrait notamment répondre aux besoins de personnes présentant une pathologie neuromusculaire sévère, une lésion médullaire haute ou certaines formes de paralysie cérébrale.

Dans ces situations, disposer d’un fauteuil électrique ne garantit pas nécessairement une mobilité autonome. Encore faut-il que la personne puisse actionner sa commande de manière fiable, confortable et reproductible.

Le pilotage par le regard ouvre donc une perspective importante : permettre à certaines personnes de se déplacer sans dépendre en permanence d’un aidant. Cette autonomie peut avoir des conséquences très concrètes sur la vie familiale, sociale, scolaire ou professionnelle.

La technologie ne suffit pas

Aussi spectaculaire soit-elle, une innovation n’est utile que si elle devient une solution réellement utilisable au quotidien.

Le choix d’une commande alternative nécessite une évaluation approfondie. La vision, la capacité à fixer une cible, la fatigabilité, la posture et les capacités cognitives doivent être prises en compte. Le positionnement de la personne dans le fauteuil et celui de la caméra sont également déterminants.

Les essais doivent ensuite être réalisés dans plusieurs situations : déplacement en intérieur, franchissement des passages étroits, approche d’une table, utilisation à proximité d’autres personnes ou circulation dans des environnements plus complexes.

Enfin, un apprentissage progressif et un suivi technique sont indispensables. La personne doit pouvoir prendre confiance, tandis que les professionnels ajustent la sensibilité, la vitesse et les paramètres de sécurité.

L’essai reste au cœur de la préconisation

Cette innovation illustre parfaitement l’évolution des aides à la mobilité. Il n’existe pas une commande adaptée à tous, mais un ensemble de solutions qui doivent être configurées autour des capacités et du projet de vie de chaque personne.

Pour Euromove, cette évolution fait directement écho à l’importance des essais en situation réelle. Le choix d’un fauteuil, d’une motorisation ou d’une commande ne peut pas reposer uniquement sur une fiche technique. Il nécessite l’intervention coordonnée de la personne, de son entourage, des ergothérapeutes, des équipes médicales et des techniciens spécialisés.

Le progrès ne consiste donc pas uniquement à ajouter de la technologie. Il consiste à transformer cette technologie en autonomie concrète, fiable et durable.

Lorsque cela devient possible, un simple mouvement des yeux peut alors représenter bien davantage qu’une commande : il peut redonner à une personne le pouvoir de décider elle-même où elle souhaite aller.

 
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